Le Sucre

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Pourquoi voir Le Sucre ?

Après avoir commencé comme assistant auprès de réalisateurs comme Jean Delannoy, Henri Verneuil, Georges Franju, Bernard Borderie ou encore Jean-Pierre Mocky, Jacques Rouffio décide de se lancer lui même à la réalisation, il réalise son premier film en 1967, L'Horizon avec Jacques Perrin et Macha Méril sur une musique de Serge Gainsbourg et un scénario de Georges Conchon.

Après s’être attaqué à la révolte des soldats en 1917, le réalisateur s'attaque ensuite au monde de la médecine avec Sept morts sur ordonnance toujours sur un scénario de Georges Conchon avec la présence de Michel Piccoli, Gérard Depardieu, Jane Birkin et Michel Auclair.

Comme on dit jamais deux sans trois, après avoir posé deux grands tabous sur grand écran, Delannoy récidive avec le monde de la finance et de la spéculation boursière avec Le Sucre.

Après L'Horizon et Sept morts sur ordonnance, Jacques Rouffio adapte à nouveau une oeuvre de Georges Conchon, Le Sucre, publié en 1977, ce roman est une oeuvre forte qui dénonce le système capitaliste où les puissants n'ont aucun scrupule à ruiner de petits épargnants pour arriver à leurs fins.

Le Sucre est basé sur histoire vraie, celle de la crise du sucre survenu en 1974, une pénurie de sucre frappe les marchés internationaux ce qui provoque une vertigineuse flambée des prix.

Un vent de folie souffle sur les marchés, dans un climat de semi-pénurie entretenu par une série d’événements notamment par la diminution des et stocks de sucre, les mauvaises conditions météo avec notamment une mauvaise récolte européenne et des typhons qui frappent les pays producteurs de canne à sucre, et un embargo décrété par la Pologne.

Les gens deviennent fous et par endroit se mettent à dévaliser les épiceries par crainte de manquer.

Une bulle spéculative se crée attirant de multiples petits porteurs qui pensent faire l'affaire du siècle, jusqu’au jour où le cour s'effondre causant la ruine d'un grand nombre de petits spéculateurs.

Le Sucre raconte l'histoire d'Adrien Courtois, un inspecteur des impôts de province qui a épousé une pharmacienne, Hilda, elle a hérité de plusieurs membres de sa famille tous décédés récemment.

Arrivé à Paris pour rendre visite au cousins de sa femme, Adrien rencontre par hasard Renaud d'Homécourt de la Vibraye dit Raoul, un conseillé financier qui lui indique le placement rêvé, le sucre.

Le bruit cour que le sucre va venir à manquer, la fièvre gagne le marché boursier et les stocks de sucre sont pris d'assaut dans les magasins.

Adrien est pris dans l'engrenage de la finance, il place l'héritage de sa femme sur les marchés boursiers, au début tout va bien mais en bourse les nuages arrivent vite.

Les cours s'effondrent, Adrien totalement ruiné comprend qu'il s'est fait avoir et se met à la recherche de Raoul.

Raoul va tenter de récupérer l'argent d'Adrien au près des "experts" de la finances qui ont ruiner les petits parieurs.

Ce qui fait la force de l'histoire ce sont ses personnages haut en couleur, un casting six étoiles et c'est le cas de le dire, dans Le Sucre nous avons le droit à une pléiade d'acteurs, un gros zeste des meilleurs du cinéma français.

Nous avons un Gérard Depardieu comme à son habitude hors norme, dès sa première scène il impose sa présence, toute l'attention est braqué sur lui et son personnage de Raoul, une fougue pleine de vie et d'énergie, tout le monde le connaît et veut le connaître, Depardieu donne à son personnage une dimension toute particulière, ses dialogues sonnent telle une musique, un talent qui lui est propre, exubérant et imposant.

Quand à son acolyte, Jean Carmet interprète son personnage d'Adrien tout en douceur, Adrien est tout l'inverse de Raoul, timide et réservé, Adrien va plongé dans l'enfer du monde de la finance, cruel et impitoyable.

Gérard Depardieu et Jean Carmet forment un duo tout en opposition mais au fur et à mesure de l'histoire une amitié va naître entre ses deux hommes, ensemble ils vont tout faire pour triompher du système qui a ruiné Adrien.

Une amitié à l'écran comme à la ville, Depardieu et Carmet se sont rencontrés sur le tournage de René la Canne en 1976, suivrons Les Gaspards (1973), Le Viager (1972), Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques (1970) et huit ans plus tard Le Sucre.

Au total les deux hommes ont joués dans 9 films, pour Le Sucre ils partagent pour la première fois la tête d’affiche, la complicité des deux comédiens n'était pas juste pour la caméra, durant le tournage Depardieu s'amusait à dérober à Carmet ses petites fiches où il marquait ses répliques.

Pour accompagner ce duo, les seconds rôles ne sont pas relégués au fond d'un placard bien au contraire, au vu de la qualité des seconds rôles c'est évident qu'ils font partie intégrante de l'histoire.

Tout d'abord nous avons Michel Piccoli crane rasé qui incarne Grezillo, homme de la finance qui joue avec le marché du sucre, Claude Pieplu qui interprète le Président Berot, un homme responsable du fonctionnement du marché, Roger Hanin et Marthe Villalonga qui incarnent un couple pieds noirs qui poussent à faire investir des petits porteurs, une caricature tout en démesure, Hanin est Roger Karbaoui, il crie, il parle de lui à la troisième personne, un jeu tout en second degré.

Jacques Rouffio film la mécanique bien rodée du capitalisme et de ses travers, il film une époque désormais révolue, une époque ou tout semblait plus simple, la bourse n'était pas truffée d'ordinateurs, tout se faisait de vive voie, les traders évoluaient dans un milieu plein de vie où les hurlements côtoient les bouts de papier.

Le Sucre est une œuvre intemporelle, avec la crise de 2007 le sujet traité dans Le Sucre n'a jamais autant été d'actualité.

Le long métrage est une satire savoureuse de la finance, doté d'un casting parfait où l'amitié et le rire gagnent à tous les coûts.




Excellent




Synopsis :


Adrien Courtois, inspecteur des impôts de province a épousé une pharmacienne, Hilda, elle a hérité de plusieurs membres de sa famille décédés récemment.

Arrivé à Paris le hasard lui fait rencontrer Renaud d'Homécourt de la Vibraye, dit Raoul, conseillé financier.

Celui-ci lui indique immédiatement que le placement rêvé, actuellement, c'est le sucre. 





Anecdotes :



Le tournage s'est déroulé du 3 avril 1978 au 9 juin 1978.


Le film a été tourné à Paris et à Miami (USA).


Jean Carmet avait déclaré au sujet de Gérard Depardieu : "J’aime toucher mes amis au visage, doucement, pour sentir leur viande. Chez Gérard, il y a de la matière."


Gérard Depardieu parlant Carmet : "On avait les mêmes respirations, moi du Berry, lui de Touraine. Jean est né avec la Loire, un fleuve de mémoire. On pouvait rester des heures sans rien se dire. Puis la parole revenait. Alors c’était le flot, le verbe. C’était un ami absolu."


Gérard baptisera la rue qui longe son château angevin de Tigné du nom de son ami.




Affiche





Pour (re) voir ce classique en haute définition





Bon je te reprend, au début tu gagne, toujours, puis après tu perd, pourquoi tu perd ? Pour faire gagner le pigeon qui arrive.

Gérard Depardieu


Jean Carmet : Je disais Aujourd'hui sur l’ensemble je suis encore gagnant.

Gérard Depardieu : Mais t'a rien compris, t'en connais des acheteurs aujourd’hui, et encore plus con que toi ?


“Un bon acteur, c'est celui qui a beaucoup vécu.”

Gerard Depardieu




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