L'Armée des Ombres

L’Armée des Ombres






Pourquoi voir L’Armée des Ombres ?

Aujourd'hui véritable classique parmi les classiques, L’Armée des Ombres n'a pas connu le même engouement à sa sorti, il faut dire que quand le film est sorti, en septembre 1969, la France était divisée.

Mai 1968, la contestation contre l'ordre établi gronde dans l’hexagone, la jeunesse, le monde ouvrier et la majorité des autres catégories de la population manifestent contre le pouvoir représenté par le gouvernement dirigé par Charles de Gaulle.

L’Armée des Ombres traite de la résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale, Charles de Gaulle le chef de la France libre pendant cette période vient de quitter le pouvoir quelques mois avant la sortie du film, L’Armée des Ombres ravive non seulement les années sombres de l'occupation nazie mais aussi l'image du Général de Gaulle.

Mais L’Armée des Ombres c'est d'abord un réalisateur, Jean-Pierre Melville, né le 20 octobre 1917 d'une une famille juive alsacienne, Jean-Pierre Melville est né Jean-Pierre Grumbach, c'est à l'âge de 25 ans, durant la Seconde Guerre Mondiale qu'il prend le nom de Melville, un hommage à l'écrivain américain Herman Melville, l'auteur entre autres de Moby Dick et du Vagabond des îles.

Membre de la résistance, il participe avec l'Armée Française de la Libération au débarquement en Provence, fidèle au Général de Gaulle, son premier long métrage en tant que réalisateur s'intitule Le Silence de la mer, sorti quatre ans après la défaite de l'Allemagne nazie, le film est le premier à évoquer la France sous l'Occupation allemande, suivrons en 1961, Léon Morin, prêtre, puis L'Armée des ombres huit ans plus tard.

Ayant vu la guerre au plus près avec ses yeux de résistant, Jean-Pierre Melville évoque à travers son cinéma cette période qui l'a marqué à jamais.

Après le succès du Deuxième Souffle (1966) et du Samouraï (1967), Melville peut désormais appréhender avec sérénité son prochain film, un film qui lui tiens à cœur, L’Armée des Ombres, il choisit d'adapter du roman éponyme de l'écrivain, reporter et résistant, Joseph Kessel.

Pour son film Jean-Pierre Melville s'entoure de Lino Ventura, l'acteur avait déjà été dirigé par Melville dans Le Deuxième Souffle, Lino Ventura livre ici une superbe interprétation, sûrement l'une de ses plus belles, le reste du casting n'est pas en reste, on retrouve la grande Simone Signoret qui irradie de sa présence à chaque scène, ou encore Jean-Pierre Cassel, Paul Crauchet, Albert Michel, Serge Reggiani et Albert Michel, le casting entier est parfait, le jeu des acteurs et des actrices retranscrit à merveille l'état d'esprit des français pendant l'Occupation.

Avec L’Armée des Ombres, le spectateur plonge au cœur de la Résistance ou se côtoient héros, monstres, luttes pour la liberté et tyrannie.

On suit les rouages bien huilés de l'armée des ombres, une force invisible pour les non-initiés, à travers les yeux de Philippe Gerbier, 41 ans, un ingénieur distingué des Ponts et Chaussées, il est soupçonné par l'armée allemande de pensées un gaullistes, il est arrêté par la police et emprisonné dans un camp de prisonniers, autrefois destiné au soldats allemands, dans son dossier Gerbier semble avoir des relations.

Alors qu'il prépare son évasion avec un prisonnier, il est transféré à Paris par la Gestapo, grâce à un résistant et un coiffeur il parvient à fuir, mais qui est véritablement Philippe Gerbier ?

Jean-Pierre Melville a eu l'intelligence de montrer les résistants comme des hommes et des femmes tout à fait normaux, dans L’Armée des Ombres il n'y a pas réellement de héros, pas de glorification, juste des citoyens, des personnes ordinaires qui ont risqué leur vie pour faire ce qui est humainement possible pour aider à libérer le pays de la tyrannie, des personnes ordinaires qui deviendront des héros.

Rythme lent, photographie entre ombre et lumière, interprétation irréprochable, Jean-Pierre Melville livre une adaptation magistrale du roman de Joseph Kessel, en apportant ses propres souvenirs au long métrage, le réalisateur offre au cinéma français un véritable chef d'oeuvre, un film pour ne pas oublier le courage d'hommes et de femmes qui ont résisté parfois jusqu'à la fin.

L’Armée des Ombres est maîtrisé de bout en bout par un réalisateur qui veut faire perdurer la mémoire des résistants, avec ce film c'est chose faite, L’Armée des Ombres est un vibrant hommage.



Un Chef d'oeuvre



Synopsis :


1942, Philippe Gerbier, 41 ans, est un ingénieur distingué des Ponts et Chaussées, il est soupçonné par l'armée allemande de pensées un gaullistes, il est arrêté par la police et emprisonné dans un camp de prisonniers, autrefois destiné au soldats allemands, dans son dossier Gerbier semble avoir des relations.

Alors qu'il prépare son évasion avec un prisonnier, il est transféré à Paris par la Gestapo, grâce à un résistant et un coiffeur il parvient à fuir.





Anecdotes :


L'Armée des Ombres est sorti en France le 12 septembre 1969 et ressorti le 12 janvier 2005 et le 6 mai 2015.


C'est le compositeur Éric Demarsan qui a signé la musique du film.


André Dewavrin, dit le colonel Passy, joue son propre rôle dans le film.


L'Armée des Ombres a été tourné notamment à Paris (Gare de Lyon, Avenue des Champs-Élysées), au Fort de Cormeilles (la scène du souterrain),Versailles, Lyon, Marseille et Londres.


Durant le tournage, Jean-Pierre Melville et Lino Ventura ne se parlèrent que par assistant interposé.





Affiches













Pour (re) voir ce classique du cinéma français en haute définition






Gerbier : Au revoir, camarade.
Legrain : Vous... vous êtes communiste ?
Gerbier : Non, mais ça ne m'empêche pas d'avoir des camarades.


Je voudrais tout de même vivre, et je vais mourir, et je n'ai pas peur. C'est impossible de ne pas avoir peur quand on va mourir. C'est parce que je suis trop borné, trop animal pour y croire. Et si je n'y crois pas jusqu'au dernier instant, jusqu'à la plus fine limite, je ne mourrai jamais. Quelle découverte ! et comme elle plairait au patron !

Gerbier



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